Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre…
… Et le 5e jour, il ajouta une caserne de pompiers et des centres commerciaux parce que les travailleurs qualifiés les réclamaient.
Greetings amis internautes, j’espère que les fêtes de fin d’année se sont bien passées pour vous.
En ce qui me concerne, j’ai passé ces derniers jours scotché à mon PC et mon iPad à cause du fabuleux et très désuet genre du city builder.
“City Builder ? Kézako ?” me demandent les gens ayant reçu une Wii pack Noir à Noël.
Le city builder, jeunes candides, c’est un style de jeu aussi glamour qu’un tableau Excel qui propose de créer une ville en partant de 0 et de la faire prospérer jusqu’à ce qu’elle atteigne une taille aussi grande que votre égo.
C’est un genre qui fait la part belle à l’auto-satisfaction et à la contemplation méditative; mais aussi à de saines interrogations sur l’Univers et l’avenir de l’Humanité.
On se retrouve en effet assez souvent le menton dans la main à fixer l’écran et des indicateurs cryptiques, en se parlant à soi-même à base de:
“Mais putain pourquoi mes manufactures se développent pas ?!? J’ai pourtant mis un bowling à côté du silo à grain, bordel !”
Sim City a lancé le genre il y’a 100 millions d’années et est resté seul concurrent en lice pendant longtemps à cause de sa mécanique de jeu bien huilée et du phénomène de reset du skill qui frappe les joueurs qui s’essayent à un autre titre.
Les city-builders sont en effet parmi les rares genres où le skill ne dépend QUE du jeu. Dans un FPS, un jeu de course ou un jeu de baston, si vous n’êtes pas trop pourri avec les fondamentaux, vous pourrez vous en sortir avec un autre titre, un joueur de FIFA peut switcher sur PES, un accro à Burnout peut jouer à Dirt, un roxxor à Counter Strike se promène dans Battlefield, etc…
Dans un city builder, c’est différent: chaque jeu induit des règles qui ne s’appliquent qu’à ce jeu. Une ville de 2 millions d’habitants dans Sim City peut ne jamais passer le stade de la petite ville de 5000 âmes dans Cities XL bien qu’on ait appliqué les mêmes principes théoriques de développement.
Soucieux de renouer avec mon passé d’entrepreneur corrompu, j’ai donc jeté mon dévolu sur Sim City Deluxe sur iPad et Sim City 4 et Cities XL, sur Steam. Les promos de Noël sont de véritables gouffres à oseille.
Tout ça pour remettre à plat le concept de réseau de distribution d’eau et de ghettoïsation dans Mobutu City, ma ville à moi.
La bonne surprise dans tout ça, c’est Cities XL que je ne connaissais absolument pas et dont j’avais vaguement entendu parler il y’a 2 ans, rapport au fait que Monte Cristo, le studio français à l’origine du titre, s’était pris pour Blizzard en sortant Cities XL en tant que MMOcity-builder avec abonnement et tout et tout.
J’aime autant vous dire que le milieu néo-conservateur du city-builderisme n’a pas trop apprécié, que le studio a fermé boutique et que la version Steam est bien expurgée de toute velléité onlinienne.
Bref, après avoir squatté 15h en 2 jours, je peux dire que ce jeu est bien, et qu’il a en plus le mérite de faire rentrer le genre dans le XXIe siecle, graphiquement parlant, et dans le XXIIIe siècle, niveau specs machine pour le faire tourner.
Sans déconner, je pense que ce jeu est le Crysis du city-builder. Moi qui joue avec tout au taquet sur n’importe quel jeu, je me suis retrouvé à marchander avec les settings comme un touriste devant une paire de fausses Ray Ban au souk de Tunis:
Allez, vas-y t’sais quoi, je descends l’AA à x2, je passe les shadows en medium mais en échange, je mets les textures sur high et j’active le bump mapping, FAIS PAS TA PUTE QUOI.
La faute à un niveau de zoom ahurissant qui part de la vue aérienne classique jusqu’au niveau du piéton qui se promène dans sa ville toute modélisée en troidé.
Et aussi à une optimisation quasi-nulle du moteur qui ne prend pas en compte les différentes évolutions techniques de ces dernières années (DX11 et multi-core anyone ?)
L’inconvénient en plus, c’est que ces ralentissements rendent le jeu parfaitement injouable, certes, mais qu’en plus, on ne s’en rend compte que quand la ville atteint une certaine taille, signe qu’on a quand même passé du temps dessus.
Ayant chopé les boules devant cette simulation de Parkinson, j’ai lancé Sim City 4 et me suis arrêté quand j’ai vu “© Maxis, 2003″ et que la plus haute résolution dispo était un bon 4/3 des familles en 1600 x 1200.
Las, je suis donc retourné sur Cities XL en repartant sur une nouvelle ville, dans un environnement moins aqueux que ma péninsule de départ, ce qui j’espère sollicitera moins les vertex shaders.
Si ça c’est pas de l’abnégation, hein.
PS: J’ai vu que Cities XL 2011 était dispo mais s’il est aussi perrave niveau optim, Focus (qui a racheté la licence suite au naufrage de Montecristo) ira se faire construire son mausolée ailleurs.
6 Commentaires
“Mais putain pourquoi mes manufactures se développent pas ?!? J’ai pourtant mis un bowling à côté du silo à grain, bordel !”
C’est exactement ça!
Et après ta ville ressemble à rien de normal!
Souvenirs Souvenirs :
Le moteur de Sim City 4 qui calculait les déplacements des piétons sur la base d’un “carré” minimum sur la map. Résultat : un arrêt de bus complètement collé à une gare était totalement useless. Il fallait UN FUCKIN’ CARRÉ de no man’s land entre les deux.
Aujourd’hui j’en ris. C’était pas le cas en 2003
Mon citybuilder prefere : Industry Giant II.
1996, Monsieur.
Et j’ai parcouru tout l’Internet Mondial pour trouver le jeu original, vu que je peux toujours me gratter pour le dl avec les forfaits bien moisies qu’on a en Australie (et il faudrait que je mette la main dessus, deja)
@gé: Meme si tu le trouves, à moins d’avoir un Windows 95, je suis pas sur que tu réussisses à le faire tourner, d’façon ^^
OLD SCHOOL IS OLD !
Si tu veux, je le chope et je te l’envoie hein







long but did read!
C’est donc pour ce jeu qu’on ne te voit plus en soirée, c’est dommage tu as loupé.
Namhé un city-builder que ton PC ne peut pas faire tourner, tu as du faire une ville qui a fait buggé le jeu surtout, tu as parlé de la taille de l’égo ?
En tout cas, je voudrais bien voir une démo iPad