Archive for décembre, 2011
Lombaire Warfare.
Il y’a quelques mois, j’avais évoqué dans ce blog scandaleux l’achat coup de coeur d’un sac à dos que j’avais trouvé en furetant dans le milieu étrange, viril et totalement anxiogène des surplus militaires.
Je pensais à l’époque que c’était le max que je pouvais donner en termes d’immersion dans les milieux interlopes.
Comme dirait Yoda, “Naïf bien j’ai été”
Car oui, je suis allé encore plus loin dans l’immersion: je me suis récemment rendu dans une école de gendarmerie pour accompagner un proche ayant apparemment pris au 1er degré les mots “intégration”, “servir la patrie” et “lol”.
Je me suis subséquemment retrouvé au beau milieu du Mordor français dans une vraie caserne avec son parcours d’obstacle, ses hordes de golgoths en rangers qui se saluent avec moult signes discrets et des gens qui ne se déplacent que par packs de 30 en chantant de façon… Mmm… Etonnante.
A l’occaze je ferais un poste sur cette façon bien particulière qu’ont les militaires de chanter du Michel Sardou à l’unisson, en ne marquant pas la dernière partie de chaque vers comme si elle était sale et répugnante. C’est plutôt croquignolet.
Tout ça pour dire que je trouvais tout le décorum et la cérémonie solennelle assez pittoresques, jusqu’à ce que l’on me glisse subrepticement à l’oreille:
“Tu sais qu’il y’a une boutique ici ? Tu peux acheter des sacs, des couteaux, des cagoules ou des polos avec “GENDARMERIE NATIONALE” brodé dessus.”
Ni une ni deux, je me suis donc rendu ventre à terre dans la-dite boutique et en effet, le cosplay gendarme est complètement possible là bas, du calot de vendeur de hot-dogs jusqu’aux gants renforcés pour frapper les individus récalcitrants d’obédience extra-territoriale, tout y est.
Quoiqu’en y réfléchissant, je n’ai pas vu de tonfa. Mais y’avait les ceintures pour les porter et assez de couteaux pour combler n’importe quel tueur en série (ou n’importe quel couple de trentenaires un peu barré adepte de machettes et autre égorgeur de mamans).
Comme moi, les couteaux, j’aime pas trop ça (je préfère les armes à feu), je me suis focalisé sur les backpacks de winner et j’en ai trouvé un encore plus mortelax que celui que j’avais pris l’année dernière (et qui est habilement mis en situation devant mon vélol):

C’est aussi un sac ARES, il est toujours noir, mais il a plus de poches et il est plus mieux que l’autre qui était déjà pas mal pour survire en milieu hostile comme le métro parisien ou la vallée d’Uzbin.
Et la preuve qu’il est mieux: même l’appareil a été ébloui par la lumière divine qui en émane.
Et cerise sur le pépito: il m’a coûté 25 euros, ce qui m’amène à ces deux constats:
1) BARGAIN !!!
2) On ne prête qu’aux riches. Et aux gendarmes.







Full Carrot Alchemists
WOKÉ.
Les amis, j’ai une nouvelle à vous annoncer.
Ma carrière de journaliste lifestyle spécialisé romano prend un nouveau tournant tellement serré que ma caravane et moi risquons la sortie de route à tout instant.
Poussant en effet toujours plus loin le journalisme total, j’ai découvert récemment un univers où l’on pratique l’enculade au gravier dans la joie et le partage, avec une douceur et une nonchalance feintes qui feraient passer Droopy pour un enfant hyperactif.
Ce monde, c’est celui des *guillemets avec les doigts* “produits pour bébés”.
Cet univers compte quelques règles et codes simples empruntés au monde déjà ‘full enculade-compliant’ du mariage (pun intended) et à celui ô combien classique du marché du “vintage, yeah Jean-Roch”.
Règle de base: prenez n’importe quel produit basique; ajoutez-y la mention “Baby” ou “Bébé” et observez l’envol du prix comme une colombe aérophage sous hélium.
Pour que le suppositoire au poivre de cayenne et piments d’espelette passe mieux, rajoutez une caractéristique de pro derrière, histoire de buter chez le prospect toute envie d’éventuellement commencer à envisager l’hypothèse conditionnelle de l’ombre de la silhouette évanescente d’un contour de questionnement.
Exemple concret avec des cuillères, té.
La cuillère, c’est con, la cuillère c’est le truc qu’on possède tous sans jamais se rappeler en avoir acheté à un moment donné de nos vies.
Alors voila, des cuillères fantaisie lol, on en trouve à 7 Eur les 6 à peu près. Et de la bonne cuillère, hein, pas un truc acheté à Lidl, Aldi ou La Halle aux Cuillères.
Bon.
Maintenant, si on cherche des *guillemets avec les doigts* ‘BABY cuillères’, SURPRISE !
La quantité passe à 4 et le prix monte à 10 Eur. Comme ça. *claquement de doigts*
Et là arrive LE deal-maker:
Il est évident qu’à ce moment là, vous ne savez absolument pas ce que veut dire “thermosensible”, ni à quoi ça peut servir dans la vie de tous les jours. Mais cette caractéristique vend le produit, c’est SCIEN-TI-FI-QUE.
Dans le cas présent, lisons la description du produit:
Remarquez déjà comme le descriptif (non modifié) insiste sur le caractère long et très doux de l’objet. Han.
Pour ce qui est de la thermosensibilité, vous savez désormais ce que ça veut dire et ce qui justifie apparemment de vendre 1/4 du produit en moins pour 2/3 plus cher alors que concrètement, vous n’en n’aurez l’utilité que si le sens du toucher vous a été enlevé lorsque vous avez sauté sur une mine à micro-ondes dans les faubourgs de Grozny.
Parce que sinon, pour savoir si le petit pot de bébé n’est pas trop chaud, vous pouvez aussi plonger l’auriculaire dans la mixture et constater par vous-même, si ça brûle, c’est que c’est trop chaud. Les américains ont balancé du napalm sur la jungle vietnamienne pendant 15 ans avant d’édicter cette vérité.
Si vous vous êtes déjà fait eu par le marketing, vous pouvez aussi utiliser votre ”BABY FOOD DIGITAL LASER thermometer” que vous avez cru utile d’acheter parce qu’en plus de la température en degrés Celsius et Fahrenheit du petit pot ciblé à une distance de 8 m, il affiche l’hygrométrie du Nord Soudan et les horaires des marées des mers d’hydrogène de Jupiter, en temps réel.
C’est ça la magie du marketing. Acheter des trucs qu’on a déjà, plus cher, pour des fonctionnalités dont on ne soupçonne pas l’(in)utilité.
Mais les cuillères à la con, c’était l’apéro, juste. Parce que dans la série “La forme conique confère à l’objet une force de pénétration accrue”, voici ce que je qualifie sans peine d’Everest:
Ca les gars, c’est un “plan à langer Filou teinté miel” qui s’encastre sur une commode que vous auriez déjà pour vous éviter d’acheter toute la table à langer. A la base, on se dit “C’est cool d’y avoir pensé quand même”
Assurément. Et après, on regarde le prix.
Voila.
89 eurolz pour 4 planchettes d’agglo. On cherchait le truc pour nous aider à sortir de la crise ? BABYBiz iz da solushun !
Quand on pense que pendant des siècles, les alchimistes ont essayé de transformer le plomb en or au lieu de se lancer direct sur le bois. Quels cons.
Ce qui est fort avec cette néo-sodomie, c’est que normalement le concept de vendre cher des concepts vaporeux c’était le domaine réservé des agences de com et des community managers.
Bah les gars, brace yourselves, vous avez trouvé vos maîtres.
Me reste plus qu’a rencontrer le community manager de Vert Baudet pour confirmer.