Archive for septembre, 2011

septembre 26th, 2011

Back to basics.

Le hip hop à la base, c’est bien.

OK, y’aura toujours 2 ou 3 esthètes pour dire que ça n’est pas de la musique mais généralement ces gens là ont mauvais goût et écoutent des groupes de pop-rock indé d’Orléans qui chantent en anglais pour faire croire qu’ils vivent à Seattle donc on ne leur accorde pas de crédit.

Non le vrai problème avec le mouv’, c’est que depuis 10 ans il n’a plus besoin de se faire descendre par les adeptes d’autres styles musicaux, il se nique tout seul, c’est plus sympa.

Les années 99/00 ont décidé de jeter à la poubelle les bonnes vibes et le skill pour mettre en lumière des mecs qui ne savaient pas écrire, encore moins parler, le tout sur des instrus pseudo éclectiques électro-pop-dirty-south-new-wave-punk-jazz à 180 bpm.

Le tout donnant au style autant d’attrait qu’une ratatouille à la bouillabaisse vomie par un clodo dans une ruelle crade, derrière une sandwicherie grecque.

Des fois je me dis que c’est surement un complot ourdi par le lobby du heavy metal pour que les gens soient écoeurés par le hip-hop. Un peu comme le lobby des gens sérieux a fait en sorte de propulser Anne Roumanoff pour dégouter les français de l’humour, ça s’est déjà vu hein.

Alors je ne vais pas name-dropper tous les artistes que je considère comme des imposteurs parce que Wordpress ne permet pas de réécrire la Bible, que perdre du temps à parler d’artistes dont je ne respecte pas le taf, c’est idiot, et surtout parce que le mouvement est tombé si bas que pour en parler, faudrait que j’me fasse mal au dos.

(Putain quelle phrase de batard)

Passons donc à la bonne nouvelle qui me réjouit un peu: le hip hop français n’est pas encore complètement mort.

Avant d’aller plus avant, redéfinissons ce qui A MON SENS participe du bon hip-hop:

- Une instru avec des samples bien découpés

- Du boom bap

- De la rime ciselée et un 2nd degré salvateur.

Vous l’avez compris je veux de l’entertainment, à aucun moment je ne demande au hip-hop de donner dans la critique sociale ou une analyse macroéconomique du marché du tungstène depuis que l’once de titane a été indexée sur le cours du cobalt. Si je veux m’instruire, je vais à la bibliothèque et je regarde BFM, j’écoute pas le 113.

lol.

Bien entendu, un peu de vécu ne fait pas de mal et certains morceaux “serieux” figurent parmi mes classiques mais un “Enfant Seul” n’a jamais empêché Oxmo de partir en couille dans “Pucc Fiction” ou de viser le grand public avec “Mama Lova”. Pareil pour un “Demain c’est Loin” qui n’a pas empêché IAM de pondre “Attentat 2″ ou le Mia. Tout ça pour dire que le côté fâché au réveil ne me fait plus plâner depuis que je suis adulte, que je paye des impôts et que j’ai les “problèmes qui va avec” comme on dit à Aulnay-sous (93 crouille).

Mais venons en au fait et parlons de ce qui me fait plaisir en cette année 2011: il y’a enfin des mecs qui kickent bien à Paris.

D’aucuns me diront:

“Ouais bâtard, t’as oublié la Sexion d’Assaut, enculé”

Mais tel l’Oeil, les vrais sauront qu’à un moment j’ai parlé de la Sexion d’Assaut dans ce blog fougueux.

Seulement depuis de l’eau à coulé sous les ponts (et j’ai fumé le site et le post qui allait avec en début d’année dernière) et depuis ont émergé trois problèmes pour la Sexion:

1) Le MC portugais qui rime à rien.
2) Le ghettoyouth qui parle de travers.
3) Les instrus qui puent du rond.

Pour le premier que je qualifie volontiers de Menzo parisien, tant qu’il ne sera pas passé sous un bus, le groupe avancera avec des chaussures en béton sur une pente à 80% enduite de margarine.

Le second sert la caution “street cred” de l’équipe, un peu comme Specta qui évitait au Saian de se faire dépouiller grâce à son teddy Redskins et sa casquette Lacoste, alors laissons-le (je veux pas me faire planter en attendant ma crêpe poulet/fromage devant la Rose de Tunis).

Pour les choix musicaux, hélas c’est plus grave et toute la bonne volonté du monde ne pourra rien face à l’inculture et la sélection d’instrus de merde ambiancées électro en soldes. C’est triste mais c’est vrai.

Pour résumer le problème, on peut juste dire que la Sexion d’Assaut est devenue mainstream avec ce que ça sous-entend de compromis artistiques et de pactes avec le Diable.

Exit la Sexion, donc, et place à 1995/l’Entourage.

L’Entourage c’est un collectif hip hop qui comprend MCs, graffeurs, breakers, DJs, groupies, bref la clique habituelle avec en plus l’équipe du design graphique qui gère toshop parce qu’on est en 2011, ow.

Au sein de ce collectif se trouve un crew appelé 1995 qui honore plutôt bien les instrus qui passent à portée.

Comme pour tout collectif, y’a des bons et des moins bons, mais le niveau moyen est déjà bien au-dessus de la moyenne, justement. Sur la clique, j’apprécie particulièrement NekFeu qui est clairement le descendant de Ill qui aurait couché avec Dany Dan et Rocca, Alpha Wann digne héritier de Nakk et Black Boul et Guizmo qui me rappelle un peu Booba en moins grimey même si c’est celui qui donne le plus dans le caillerap alcoolisé façon Salif époque 4 my Peeps. Les autres sont pas mauvais, loin de là, et les influences Time Bomb, ATK, Scred Connexion époque 95-96 sont bien visibles et c’est pas moi qui m’en plaindrai(s?).

Alors les mecs sont jeunes, certes, inexpérimentés, itou, et y’a de grandes chances pour qu’ils finissent eux aussi par faire de l’électro de merde sur des rythmiques en papier crépon mais en attendant y’a clairement un potentiel over 9K.

Si tu me croi pa, alors check sa, fdp:

- Le track “Back In The Days” de Guizmo feat. Alpha Wann qui rappelle Lupe Fiasco et Tryptik par endroits:

- Un morceau sympa avec un 1er couplet de feu sur une instru qui fait plaisir:

- Le crew 1995 qui pose sur Flava In Yo Ear de Craig Mack, obtenant par la même mon respect:

- Même si je trouve que le clash c’est un peu devenu les Roucasseries du rap français, faut reconnaître que celui-ci qui voit NekFeu atomiser le pauvre Logik Konstantine vaut son pesant de cahouètes:

- “Je roule avec” du 1995 avec la même recette: flow à l’ancienne, beat à l’ancienne kif actuel:

Bref tout ça pour dire que le rap fr n’est peut-être pas condamné à balancer des rimes simples sur de la tektonik low-cost et ça c’est cool, yo.

septembre 15th, 2011

Wrong Idea: le cable USB.

En ce moment on critique Apple, rapport à leur fâcheuse tendance à paumer des prototypes de téléphone dans des gourbis à la clientèle interlope.

C’est sot, certes, mais ça a le mérite de prouver un truc: y’a des gens qui testent leurs produits dans la vraie vie avant d’inonder le marché.

Et si tous les fabricants se donnaient la peine de faire de même, on aurait des chances de ne pas se retrouver avec ce genre de truc:

usbOuaip. Le câble USB.

L’idée est sympa au départ: mettre en place une nouvelle norme beaucoup moins axée cable informatique de papa plein de boulons, de vis à la con ou de grosses fiches fluo bien dégueulasses, ça aide a faire rentrer l’informatique chez les mongoli le grand public.

Et côté form factor, de loin, il est cool ce cable. Une fiche assez fine, carrée, une prise en main soyeuse, tout est là pour en faire un best-seller et assurer une adoption immédiate. Et adopté il fut, ça oui.

Problème: à l’usage, le cable USB c’est de la grosse merde en poutrelle.

La forme si mignonne à la base s’avère être une vraie misère à utiliser si on est pas en pleine lumière et sur un axe perpendiculaire au barycentre de la médiane de l’hypoténuse du port USB ciblé. En clair: on ne sait JAMAIS si la prise est à l’endroit sans la regarder.

Et mieux, le détrompeur étant à l’intérieur, il est impossible de se rendre compte de son erreur tant qu’on a pas forcé l’insertion du cable. ‘Voyez la logique à l’oeuvre là ?

Alors pour peu que vous soyez dans un contexte non-prévu par les ingénieurs (en train de vivre, par exemple), l’insertion en question peut s’avérer plus délicate que celle d’une famille de maliens à Versailles.

Oui, cette phrase est dédiée à tous ceux qui ont, à un moment de leur vie, essayé de brancher une souris sur la face arrière d’une tour PC bien calée sous un bureau, de nuit.

Gni.

Et un signe ne trompe pas: les ports USB sont généralement entourés de moult rayures et autres griffures, témoins de tous les branchements loupés qui ont jalonné la vie de l’ordinateur et de son propriétaire.

Alors évidemment, des gens dont les parents ont collaboré de près ou de loin à la mise au point de cette daube vont me dire:

“Mais tro n’imp, blair’, y’a le peti logo USB qui resemble au kduC des farmassiens en relief poure savoir qu’elle et le bon coter”

Et ils n’auront pas tort, ces sous-hommes. Mais manque de bol, le logo ayant surement été pondu par l’agence coupable de Désirs d’avenir, les constructeurs ont assez rapidement décidé de s’en passer. Ou alors dans une forme restylée et sans relief. Résultat, on le sent plus le caducée sa race, là.

Ironie de l’histoire et facétie des ingénieurs: autant un cable USB est chiant à brancher au feeling, autant pour le débrancher, là, y’a pas de souci. Toutes les méthodes se valent, y compris une technique d’avant-garde faisant massivement appel à la mécanique des sous-ensembles nucléaires et qué s’apelerio “la gravité”.

Car évidemment, les ingénieurs se sont dit qu’un cable USB serait toujours parallèle (humour de nerd) au sol. Et que jamais, ô grand jamais, un obscur designer indochinois ne déciderait d’en caler un à la verticale sur son réveil-matin-bouillote, parce que “Ca a quand même plus de gueule, là non ?”.

Et un cable assez épais branché à la verticale sans aucun système de verrouillage, il fait quoi quand on le regarde pas, hein, il fait quoi ?

Beh ouais. Il tombe.

Cette tendance à créer des connectiques qui peuvent se détacher toutes seules se répand à vitesse grand V, et c’est pas le cable HDMI (coucou enculé !) qui me contredira.

Mais revenons à notre brave norme du bus informatique à transmission série universelle. Universelle, vraiment ? En se penchant un peu sur ce monde merveilleux de l’ USB, on constate qu’il partage un point commun avec un terrain non-équipé de portiques anti-caravanes: si on surveille pas, ça devient rapidement le bordel.

Parce que (très) rapidement sont apparues des variantes à notre brave câble USB. Et après d’intenses brainstorms à la cocaïne, les mecs ont réussi à pondre des formes assez exotiques et encore moins pratiques que l’originale. Si.

Après le rectangle bien trop basique et pas assez impactant point de vue estime de soi, on a eu droit à des trapèzes puis des trapèzes isocèles, des parallélépipèdes rectangles et des trapèzes de base mais arrondis au milieu pour mieux te foutre les boules.

usb_connectors

Du coup tu utilises une norme universelle mais avec un tel panel de prises dispo (Type A ? B ? Micro A ? Micro B ? Mini A ? Mini B ?) que tous tes périphériques en utilisent un différent. Zuber.

Et si à ceux-là, manufacturables par le tout-venant, on ajoute les prises propriétaires pondues par HTC, Apple et consorts, on peut ajouter au moins 4 ou 5 autres formes à celles de la photo.

CHENIAL.

Et puis parlons vitesse, tiens. L’USB de base, c’est le 1.0, mais y’a le 1.1 qui est sorti puis le 2.0 et le 3.0…

Un esprit logique dira qu’il est parfaitement crétin de sortir des mises à jour d’un truc universel attendu que le format n’est pas supposé bouger. Mais alors comment se faire de la thune si on met un truc en place et qu’on peut même plus revenir dessus pour l’améliorer ?

Et là, y’a des gars, surement titulaires d’un gros diplôme genre BTS Action-co ou licence pro en marketing différentiel, qui se sont dit qu’ils n’avaient qu’à changer la vitesse du machin et proposer des vitesses supérieures à chaque nouvelle version! EUREKA !

Le problème c’est que Tata Ginette elle pane rien aux chiffres avec des décimales alors le consortium USB s’est dit qu’ils allaient donner des noms simples à reconnaitre.

Alors c’est simple, le 1.0, il est lent par rapport au 1.1 qui est lent par rapport au 2.0 qui est lui aussi plus lent que le 3.0. Comment on fait ?

Et là les mecs ont eu une idée en titane: le 1.0 on l’appelle “Low Speed”, et le 1.1 du coup, on le nomme “High Speed” !

Là, Michel du marketing n’était pas d’accord: si le 1.x c’est High Speed, comment on appelle le 2.0 alors ?

Du coup, le 1.0 est resté “Low Speed”, le 1.x est devenu “Full Speed” tandis que le 2.0 devenait “High Speed”.

Là y’a bien 2 ou 3 anglophones qui ont fait remarquer que “Full Speed” c’était absolument pourri comme nom mais personne n’a donné suite, vu que la norme bientôt ça serait le 2.0, d’façon.

Bonne technique, héritée de Samsung par ailleurs: pour faire oublier un produit pourri, tu en sors 32 un peu mieux dans un intervalle de 6 mois, les gens finissent par oublier, c’est garanti.

Le problème du nommage du 1.0, 1.x et 2.0 étant passé, se posait alors la question du 3.0.

On l’appelle comment le 3.0 les gars ? Il faut un nom vraiment différenciant, un truc qui surclasse le reste…

SUPER SPEED !

Vendu ! L’USB 3.0 sera donc aussi connu sous le nom de “Super Speed”. No shit.

Du coup pour le 4.x ou le futur 7.x, on devrait avoir droit au “GIGA SPEED” “MEGA SPEED” “META-PARSEC-ULTIMATE SPEED”

Nan mais sérieux les gars quoi…

Tout ça pour dire qu’un câble qui se branche mal, se débranche tout seul, et qui existe en une heptachiée de variantes et de vitesses, c’est pas trop ce que j’attends d’une norme universelle de ce genre au départ, les potes.

Le cable USB, c’était vraiment pas une bonne idée.