Archive for août, 2011
Romano Syndrome
Amis lecteurs, c’est la fin des vacances, retour aux affaires et au professionalisme qui, avec l’expertise et la régularité hélvète, caractérisent les vrais bons sites de type blog.
Je ne vais pas vous conter mes congés d’été car cela serait mesquin vis à vis de la population à pouvoir d’achat négatif qui lit ce site scandaleux et vais plutôt vous parler d’un phénomène de société (ouah) qui touche environ plein de gens.
Ce phénomène, c’est celui du “c’est gratuit alors j’y vais” souvent accompagné du “c’est pas cher alors profite” également connu sous le nom de “syndrome du romano”.
On a tous autour de nous des gens qui mettent en avant de façon quasi-systématique le prix pour justifier un choix étrange et/ou pourri.
Nous-mêmes, bien qu’éduqués et esprits libres, nous l’avons fait à un moment donné, c’est humain. Que celui qui n’a pas poussé jusqu’au milieu de la rue de Charenton pour un rabais d’1 EUR sur un boitier PC croisé rue Montgallet me jette la première carte-mère.
Idem pour les toxicos qui vont voir TOUS les films à l’UGC parce qu’ils ont la carte illimitée.
Mais tout comme la fourmi rouge, l’homme dispose en série d’un sens aigu de la survie et est capable d’ajuster ses choix à la lumière de l’expérience.
Pour illustrer, prenons un cas simple que j’ai eu l’occasion de croiser durant mes congés:
Un chemin de 35 km à parcourir, deux possibilités:
1) passer par l’autoroute, 20 mn de ligne droite et de trafic minimum.
2) passer par les départementales, 45 mn de virages, deux files qui se transforment en piège à loup quand deux camions veulent se doubler, le tout en longeant l’autoroute, haha.
Là, comme ça, vous allez me dire qu’à moins d’être idiot ou pilote de rallye, il n’y a AUCUNE raison de partir sur la solution 2).
Mais voila, une variable non-exprimée jusqu’à présent plane, tel un vautour au-dessus d’un gnou à l’agonie: le “PEAGE”.
(musique angoissante)
Eh oui lecteur, la première solution est soumise à un péage de 1,3 EUR tandis que la seconde est relativement gratuite.
D’après-vous quel est le choix qu’a fait le pilote ?
“Ah nan, moi je paye pas pour 30 km, hein.”
Alors là, je me suis senti obligé de préciser qu’on ne payait pas tant pour la distance que pour le temps passé à conduire, attendu qu’avec déjà 820 bornes dans la gueule, si y’avait moyen de diviser les temps de trajet par 2 ou plus, j’étais pas spécialement contre.
Mais la bête était bornée.
La tactique du bien-être étant complètement inefficace, j’ai tenté une approche plus économique en incluant la conso d’essence, l’usure des pneumatiques, des freins et du moteur soumis à plus de contraintes que sur un trajet en ligne droite et à vitesse constante, mais c’était comme pisser dans un violon placé dans l’oreille d’un sourd qui n’a pas soif.
En désespoir de cause, j’ai fait all-in sur l’estime de soi:
“Donc si demain j’ai envie de t’embaucher pour faire une course à la con, je te paye 2 EUR (parce que je suis royal) et banco ?”
(Le but ici étant de faire prendre conscience à l’autre que son taux horaire est inférieur à celui d’une pute turkmène)
Mais là encore, pain perdu, le pilote était comme possédé par l’appât du gratuit: c’est chiant/pas bon/merdique, mais c’est gratuit, gââââh. *bave*
Et j’ai eu l’occasion de recroiser par la suite son sens aigu du calcul malin à l’achat d’une babiole, pas donnée, certes, mais de qualité.
“Ouais ben pour le prix, je préfère en prendre deux autres moins chères.”
Là je reconnais qu’un sentiment d’impuissance et de grande lassitude s’est insinué sournoisement dans mon être.
Même en prenant du recul, je ne comp
sddg
dsz
sd
.
(je me rapproche pour pouvoir taper à nouveau)
Même en prenant du recul, donc, je ne comprends pas ce type de raisonnement.
Je traverse [nom de la ville] pour gagner [somme dérisoire par rapport à l'effort fourni] sur [truc à acheter]
ou
Je veux un [truc qui fait plaisir] mais comme ça coûte [prix pas donné] je préfère me rabattre sur 2x [truc dans la même catégorie mais qui n'a rien à voir] et j’ai trop l’impression d’avoir gagné, yeah !
ou
J’achète un [truc en solde] et comme c’est pas cher, j’en prends [nombre > 1]
Non mais sérieusement ?
Je m’interroge vraiment sur le traumatisme qui fait que des gens peuvent s’empiffrer de brocolis chez Flunch sans trop aimer ça, acheter 2 paires de Feiyue au lieu d’une paire de Jordan ou acheter deux fours encastrables parce qu’ils étaient en solde.
La guerre ? Une humiliation durant la petite enfance ? Une obession ?
La question reste ouverte.







Rolling Swag & Barrel Lol
Parce que dans la vie je poursuis l’objectif de niquer ma street-cred’ et d’enfin me faire racketter comme les boloss, je m’appuie sur l’expertise de mes amis hipsters (on en a tous 1 autour de soi) pour accélérer mon Urkelisation.
Le port de la coupe de Justin Bieberlake ou du jean slim étant complètement prohibé par la convention de Genève, je dois faire comme Glamour, Biba et Cosmo y disent et tout miser sur les accessoires.
Dans le cadre de cette longue quête, un pote un peu fou avec une coiffure qui virevolte dans la brise matinale, a récemment acheté un vélo. Pliant. Si.
Une des particularités de cette bicyclette, outre sa couleur moche (un mix entre le drapeau de la Jamaique et une raclette au Nutella laissée dehors un peu longtemps), c’est donc qu’elle se plie dans tous les sens pour permettre au client d’avoir un teaser du résultat d’un choc frontal avec un 30 tonnes.
Non, il n’est pas cassé là. Bluffant, hein ?
L’autre particularité, c’est son prix. 1500 euros. Bam.
Vous aurez compris que payer aussi cher pour avoir l’air ridicule, c’est de prime abord aussi sensé que jouer à la roulette russe avec un Glock 21.
Pourtant… Faut bien avouer que le concept du vélo pliant est assez attrayant (en dépit de la couleur, s’entend).
Jusqu’ici, le monde du cycle était pour moi une terre inconnue faite de fous qui aiment risquer leur vie pour se rendre de A à B en transpirant pour se raconter leurs trajets le soir sur des forums de névrosés.
Mais depuis le Vélib, je me suis rendu compte que c’était quand même assez cool de cruiser dans les couloirs de bus, sans compter que la proximité avec les trottoirs et les passants rend les vols à l’arraché beaucoup plus simples en période de disette intense.
J’avais réfléchi à l’achat d’un vélo une fois, dans un moment de crise existentielle, mais l’encombrement maxi chez moi et dans les lieux publics et le sort réservé aux vélos que des inconscients ont attaché dans la rue (pourquoi pas sur un portique à vélo aussi tant qu’on y est ?) m’ont vite refroidi.
Mais ça c’était avant de voir mon pote avec son vélo moche. Mais pliant. Mais moche.
Le vélo moche-pliant est peut-être en effet le chaînon manquant dans mes déplacements domicile-travail, celui qui me permettrait de rejoindre de manière élégante les RER divers et variés qui jalonnent mon parcours sans pour autant emmerder toute la rame avec un gros vélo tout dégueu pendant les heures de pointe.
Mais la gueule du truc une fois plié, la couleur (moche), le prix exorbitant et la dispo aléatoire de ce côté de l’Univers ont fait que ce modèle à très rapidement disparu de mon champ des possibles.
Je me suis rencardé sur des modèles dispos sur Terre et à un prix inférieur au PIB du Gabon, et seul un modèle trouve grâce à mes yeux: le strida 5.0.
De prime abord, ce vélo ne ressemble à rien. Au second regard, on se dit que c’est un escabeau avec de grosses roues. Au troisieme sabord on est amoureux.
Ultimate raffinement, ce vélo se plie dans la longueur plutôt que dans un format cube dégueulasse et peut donc être poussé comme une canne de pimp avec des jantes, au lieu d’être porté à bout de bras. Succès garanti dans les transports:
BEHOLD, BITCHES.
Nan parce que le pliage compact, c’est cool, mais s’il pèse un âne mort et qu’il faut en sus un diplôme d’astrophysique pour savoir le déplier en moins d’une heure, merci mais non merci.
Et pourtant c’est pas faute de m’y connaitre un peu dans cette branche interdisciplinaire de l’astronomie qui concerne principalement la physique et l’étude des propriétés des objets de l’univers, comme leur luminosité, leur densité, leur température et leur composition chimique, hein.
Le Strida, donc, ne pèse que 9 kg et est doté d’une courroie en kevlar (c’est le mot qui en 2011 remplace “caoutchouc” apparemment) ce qui évite la chaine de papa, la graisse sous-jacente et le bas de pantalon dans les chaussettes Titi & Gros Minet parce qu’on avait pas prévu de jouer les thugz du vélo en s’habillant ce matin.
Evidemment, comme tout professionnel à deux doigts de faire un achat idiot, j’ai quand même regardé ce que propose la concurrence. Et j’ai déjà trouvé son successeur, pour quand les 22 km entre mon chez moi et mon boulot seront un jeu d’enfant et que je serais assez riche pour me payer des chai latte mocalatto de tarlouze au Starbucks du coin:
L’IF Mode:
Tarif: 2000 euros si le temps est clair et que Jupiter est en Mercure, autant dire qu’on va attendre un peu.
PS: si dans 2 jours vous croisez un asiatique avec des cheveux piquants sur un Strida ou un IF Mode, vous saurez où il puise toutes les décisions qui guident sa misérable vie de copieur.