Archive for juin, 2011
Gran Turista.
Gran Turismo, j’ai toujours trouvé ça un peu surfait, ‘voyez..
L’ambiance showroom “touche pas les voitures petit”, les courses sur les rails, l’IA émulant à la perfection une classe de mongoliens lachée dans un H&M, le challenge digne d’un rallye raid en trottinette et le contenu, toujours plus de contenu, encore du contenu.
A l’inverse, j’ai toujours trouvé la série des Forza bien plus intéressante, mieux construite, plus rythmée, moins prétentieuse et suivie par les devs. Vivante, quoi et avec un timing just-frame en termes de sorties.
Pensez donc, les mecs de Turn 10 ont eu le temps de caler 3 épisodes de Forza Motorsport sur 2 générations de consoles entre la sortie de Gran Turismo 4 et Gran Turismo 5, c’est dire si côté Sony on prend le temps de la réflexion.
Alors quand le jeu est sorti en novembre 2010 après ses 6 ans (!) de développement, je me suis dit que j’allais moi aussi prendre mon temps pour y jouer. Du coup je ne l’ai pris qu’hier en occaze, histoire de ne pas ajouter un exemplaire de plus dans leurs chiffres de vente.
Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les 6 ans de dev, je les ai pris en pleine gueule avant même d’être arrivé à l’écran titre:
23h38: Tiens, je vais me lancer GT5, té.
23h38: Démarrage de la PS3
23h38: “ACHTUNG CLIENT ! Y’a des updates sur ce jeu, ça te dit de les télécharger ? (Clique sur ‘Yes’ ou sur ‘Yes’)”
23h39: Téléchargement en cours - Plus que 1,6 Go à télécharger.
23h40: “WÄT?!?” (T__T)
1h20: “ACHTUNG CLIENT ! Téléchargement terminé, ça te dit d’installer le jeu sur le disque dur pour que ça aille plus vite ? (Clique sur ‘D’accord’ ou sur ‘D’accord’)”
2h26: Le jeu est installé, bienvenue sur GT5.
Il aura donc fallu près de 3 putains d’heures pour jouer à un jeu.
En 2011.
Avec une console soi-disant capable d’envoyer des roquettes sur Proxima du Centaure et d’enrichir l’uranium juste en le posant à côté.
Je pushe start, le jeu me propose de caler les coins de l’image à ceux de mon écran. Marrant, je joue en 1080p, la console le sait et a toujours cadré l’image mais je me cogne un calage d’écran comme quand on était sur du cathodique dégueulasse. Pourquoi pas, tiens. je valide, je repushe Start et…
BAM !
Le Bluray me jette son contenu à la gueule comme un oligarque Russe sur la Côte d’Azur.
Intro de 10 mn digne d’un documentaire TV sur National Geographic, tout filmé en HD depuis le laminage de l’aluminium jusqu’à la sortie de la voiture de l’usine.
Les menus sont classieux, 32 000 icones différentes, les options proposent une heptachiée de réglages en tous genres et pour te laisser le temps de peser tes choix, y’a un écran de loading à chaque changement de page.
Heureusement que j’ai installé le jeu sur le HDD pour aller plus vite.
Je lance le mode Arcade pour aller plus vite. Loading
Je choisis mon circuit. Puis ma voiture.
Ah les batards, ils jouent encore le coup des trucs à débloquer en mode carriere. Loading.
Loading tellement long que t’as une barre de progression histoire de pas croire que la console à planté.
J’arrive sur le circuit. Mouais. C’est propre mais ça me décolle pas la gueule de la rétine.
Mais en tant que joueur, je sais que le diable se cache dans les détails et que je trouverais le jeu de plus en plus beau à force d’y jouer. C’est comme ça que ça se passe en général. Je joue. Je fais n’importe quoi. Je gagne. Cool.
Loading.
Je quitte le mode Arcade qui ne sert à rien (Loading) et choisis le mode carrière (Loading).
Comme dans tous les GT, quand on commence, on jette un coup d’oeil aux voitures d’occaze (vu qu’au départ t’as pas assez de crédits pour acheter directement du neuf chez le concessionnaire).
Oh surprise ! Des Honda Civic par trouzaines ! 18 Mazda Miata ! 32 Nissan Silvia ! 27 Toyota Witz ! Comme sur… Sur… Sur… Gran Turismo 4 ! Trop cool !
Par contre pour un jeu sorti en 2010, y’a pas de DS3, pas de Scirocco, pas de Clio RS, pas de MiTo, et pas de plein de modèles sortis entre 2009 et maintenant.
Et cerise sur le cake, le coup des 100 modèles Premium bien modélisés avec vue intérieure complète et essuie-glaces fonctionnels et les Standard qui ne sont que les modèles de GT4 upscalés (donc avec grosso modo environ 100 milliards de polygones en moins, vu que la technologie n’a pas attendu Sony pour avancer, elle), pas de doute, je suis en plein rêve.
Je ne suis pas particulièrement anti-Sony mais quand on fait le compte là, cette escroquerie de jeu + la PSP GO + le hack du PSN + le PS Move + la PS Vita, chez moi on appelle ça un reality check en bonne et due forme.
Sony, réveille-toi putain.
The Airplane Boys: up high in the sky
Hier je me suis remis dans mon rôle de chasseur de sons, armé des mes blogs, comptes Twitter, bandcamps et autres Soundcloud pour ré-alimenter un peu ma bibliothèque iTunes.
Je suis revenu de ce raid impitoyable avec une besace pleine de sons sucrés, ambiances jazzy, soul, dirty.
Et au milieu de ma dope habituelle, je suis revenu avec l’album Where’ve You Been du duo Torontais (Torontien ? Torontotois ?) The Airplane Boys que je méconnaissais de manière complète.

Ces mecs là, avec leur look tellement improbable qu’on dirait des figurants échappés du plateau de New-York 1997, on a tôt fait de les prendre pour des sous Black Eyed Peas.
Et ça serait dommage parce qu’ils sont plus que ça, les compères Beck Motley et Bon Voyage, qui eux même se définissent comme “Pop/Hip Hop/Other” sur leur page Facebook.
Tenez si on prend leur vidéo Born To Be par exemple: j’ai souri en voyant les dégaines, normal, c’est comme acheter une voiture orange, on ne voit que ça au début avant de finir par trouver ça complètement normal.
J’ai souri donc pendant quelques secondes avant que l’ambiance éthérée, la photo, la musique et les flows ne me tombent dessus:
Ouais y’a de tout là-dedans, du Kanye West, évidemment, du Foreign Exchange, du Massive Attack, de l’autotune, les Airplane Boys sont au croisement de toutes ces influences pour un résultat carrément bon quand on sait qu’en plus ils marchent en indé, tout est fait maison.
Mais ne croyez pas qu’ils soient uniquement bons dans les ambiances où il faut faire des calins à un tronc d’arbre ou parler au vent depuis une falaise, ça serait juger un peu vite, la preuve avec Escape:
Bam, ambiance électro qui tache mais qui donne surtout envie de bouger la tête. Mission complete.
Forcément, le néophyte pensera immédiatement “Black Eyed Peas”, mais perso je sens plus les influences de Daft Punk et N.E.R.D. que du quatuor eurodance planétaire.
Pour The Airplane Boys le risque est là: marier les influences pour sortir leur propre son sans se perdre en chemin.
Avec un seul album dispo (gratuitement ICI), c’est un peu tôt pour juger, mais le boulot jusqu’à présent est tellement carré que je pense que le groupe et son collectif, Beau Monde, savent parfaitement où ils souhaitent aller.
Faut juste que le public suive.







Let’s Go Away.
Daytona USA est ma madeleine de Proust à moi. Si j’aimais les jeux de mots, je dirais même qu’elle est ma madeleine de Prost, rapport au fait que c’est un jeu de course automobile.
Je pense me rappeler comme au premier jour du moment où je suis tombé amoureux de ce jeu.
C’était en 1994, sur le Pier de Brighton. A l’époque cette fameuse jetée accueillait, attractions, machines à sous et jeux d’arcade dans un vacarme assourdissant.
Nous y étions allé avec mon cousin préféré pour claquer les quelques pounds qui nous restaient après avoir acheté des conneries d’ado ( Regulate… G Funk Era de Warren G pour moi et un truc de Haddaway, Ace of Base ou Dr Alban pour lui).
Ouais, à l’époque Matthieu avait des goûts assez… Eclectiques.
Bref, après un passage sur un flipper Super Mario World et un œil jeté à Mortal Kombat et ses gerbes de sang digitalisées, nous sommes arrivés au Pier où la borne Daytona USA trônait à l’entrée dans sa version Deluxe, celle avec le rétroprojecteur de 50’’ et la réplique de la voiture sur vérins.
Et là, boum, instant love devant ce jeu qui repoussait tout ce que je connaissais à l’époque (c’est-à-dire pas grand-chose). L’attroupement autour de la borne tendait à prouver que je n’étais pas le seul à m’être pris une claque dans les yeux.
Pour moi à ce moment, le top du top, c’était Virtua Racing , et ses sapins triangulaires en flat-shading tellement acérés qu’on pouvait se couper la rétine en les regardant de trop près.
Y’a pas photo, hein ? Même si le jeu était techniquement impressionnant à l’époque, il restait froid, impersonnel, et ressemblait plus à un simulateur pro qu’à un vrai jeu.
Daytona USA, lui, c’était LE jeu. Ce qui m’avait marqué à l’époque, c’était l’identité visuelle du titre : les couleurs flashy, la D.A., les détails qui fourmillaient aux abords de la piste, le petit logo AM2 qui s’affichait pendant la démo… Daytona USA avait sa propre personnalité et apportait un truc inédit pour l’époque : de la 3D texturée.
Entre Virtua Racing et Daytona USA, il y’avait bien eu l’essai Rad Mobile dont j’avais vu une photo de 2 cm de côté dans Player One, mais Daytona USA l’a directement et impitoyablement déclassé.
Dans Rad Mobile, le détail mignon c’était le petit Sonic accroché au rétro qui se balançait au rythme des virages. Dans Daytona, pas de Sonic au rétro, les mecs d’AM2 ont vu plus grand, ils l’ont carrément foutu sur une putain de falaise, le Sonic, façon Monument Valley. Et j’ai halluciné.
De la 3D texturée qui bouge de partout, qui va vite, avec 40 bolides sur la piste, c’est bruyant, la tôle se froisse dans une gerbe d’étincelles et le speaker nous gueule dessus le nombre de tours restants… Ce jeu c’était un peu la bar-mitsva du studio AM2. Objectif ? Eclater tout, que ce soit le joueur, les gens qui regardent et la concurrence (genre Namco et sa série Ridge Racer par exemple).
Et côté sonore, malgré le brouhaha ambiant, j’avais (comme je pense tous les gens ayant approché la borne à moins de 50 m) entendu le morceau titre :
Ca et la mélopée inoubliable du chanteur jap sur le premier circuit à base de Aaaaaah et de Aaaaaahaahaaaa après un “RORRIIIING STAAAAAAAAAAAAAART” d’anthologie
ou l’anglais très (très très) approximatif de Sky High (et son fabuleux « blue, blue sky, it’s like thiiiiis ») sur le 3e circuit, c’était la première fois (et une des rares, encore aujourd’hui) qu’on avait droit à une bande-son chantée sur un jeu de course.
Sky High aka la chanson du pif, chaque personne entend des paroles différentes ^^
Problème : en ’94, jouer en qualité arcade chez soi était encore un doux rêve. Sega a bien édité Virtua Racing deluxe sur 32X avec un mode stock-car en plus, mais on était loin déjà loin du rendu de Virtua Racing arcade, alors Daytona et sa 3D de bourgeois, n’en parlons pas.
J’avais donc abandonné l’espoir de jouer à ce jeu à la maison avant d’être vieux et d’avoir un loft suffisamment grand pour mettre la borne en version 8 joueurs dans le salon.
Et la Saturn est sortie. Malheureusement l’adaptation était un peu foirée, tant graphiquement que sur tout le reste, gameplay compris. Et puis à l’époque de la Saturn, j’avais une PlayStation donc c’était un peu mort pour moi.
Et la Dreamcast est sortie. Et Daytona USA 2001 est sorti. Et là, joie bonheur, le jeu d’origine repimpé avec de nouvelles voitures, nouveaux circuits, un genre de Daytona USA 1.5 en somme.
Ce titre a squatté la Dreamcast pendant pas mal de temps. On y jouait avec mes potes Chébly et Stéphane en time attack uniquement (je pense même n’avoir que très brièvement tâté le mode arcade), et on passait des après-midi et soirées à tenter de battre nos chronos respectifs au millième de seconde près. On a tellement joué qu’on recommençait si jamais on n’abordait pas le dernier virage à 282 km/h minimum. Pareil en cas de pneu sur le gazon ou tout autre élément perturbateur. Ca allait tellement loin qu’on avait institué des règles strictes : seulement 2 restarts autorisés et avant le 2e tour sinon c’est mort (évidemment pour Seaside Street Galaxy et ses 2 tours de 12 km, la règle était différente).
De temps en temps je rebranche la Dreamcast, je lance le jeu et charge la sauvegarde qui a 10 ans maintenant pour regarder les chronos de mutants avec du STF, du CHE, et du DAZ un peu partout. Nous étions jeunes et fougueux à l’époque.
Mais tout aussi bien qu’il fût, Daytona USA 2001 n’était PAS Daytona USA le seul, le vrai, l’unique. Particulièrement au niveau des sensations de conduite vu que la version d’arcade se jouait avec un bon volant à retour de force de bourrin et que le volant Dreamcast était une sombre merde peu distribuée.
Du coup, j’avais définitivement rayé l’espoir d’y jouer à la maison jusqu’à ce que je retombe sur l’émulation du système d’arcade Model 2 pour Windows.
Joie, licornes, arc en ciel et colibris, des passionnés ont enfin réussi à émuler proprement le système de SEGA avec rendu fidèle des graphismes et sons d’origine et prise en charge du volant et des specs de nos PC modernes.
C’est donc avec joie que j’ai pu m’essayer ce week-end à jouer à Daytona USA en high-res et avec un volant à retour de force.
Et je l’ai retrouvé. Spirit of ‘94, direct.
C’est sûr, graphiquement le jeu est aux fraises par rapport à ce qui se fait actuellement avec son clipping de fou (coucou la falaise qui apparait subitement) ses textures pixellisées et ses modèles simplistes mais le gameplay, le dynamisme et la bande-son sont bel et bien là. Et il est bien plus agréable de jouer à un jeu 3D même vieux sur PC puisque la machine lisse et adapte le rendu à la résolution de l’écran (à la différence des jeux en 2D qui sont absolument dégueulasses sur un écran HD)
Ce qui différencie ce jeu avec un titre qu’on a kiffé dans sa jeunesse genre Quackshot ou Streets of Rage, c’est que les jeux de courses 3D n’ont pas tant changé que ça. Ils se sont améliorés graphiquement et sont devenus plus pointus mais ils n’ont pas changé fondamentalement. Le but est toujours de gagner une course au volant d’une voiture.
Donc si le gameplay se tenait à l’époque, c’est toujours le cas aujourd’hui, et Daytona USA est justement un bijou de gameplay, à l’image des autres titres développés par AM2 comme Sega Rally, Max TT ou Sega Touring Car.
Bon c’est sûr que 3 circuits et une seule voiture, c’est un peu léger pour appâter le chaland quand le minimum syndical c’est 90 caisses et 15 circuits, OK, mais Daytona USA est un jeu d’arcade et comme tout jeu d’arcade qui se respecte, ce qui compte c’est d’abord de défoncer les scores/chronos, c’est tout.
Je suis même surpris qu’en cette période de remixes HD de titres old school Sega n’ait pas daigné porter ses vieux racers sur le Xbox Live Arcade ou le PlayStation Network.
M’enfin, tout ça n’est que détail, par la grâce de l’émulation et d’une poignée de nerds qui aiment claquer leur week-end à faire du reverse-engineering, je l’ai enfin mon arcade à la maison !
… Il aura juste fallu attendre 17 ans.