Archive for janvier, 2011
Un tapis et un cadre.
Quand elle est prise d’une envie soudaine et irrépressible de changer la déco en plein dimanche, ma copine fait en sorte que nous nous retrouvions comme beaucoup de franciliens (stay strong, brothers) à arpenter Ikea, Alinea, Conforama ou Fly (dans cet ordre) en suivant leur circuit imposé là, celui qui te force à regarder les chambres pour enfants pour pouvoir acheter un saladier et une lunette de WC.
[apparté]
La légende dit que des warp zones existent entre le rayon luminaires et chambre à coucher et qué s’apelerio Quézac, mais le risque de tomber dans une boucle de l’infini et de définitivement fumer mon après-midi est bien trop grand pour que je me sois risqué à les emprunter.
[/apparté]
Bref, c’est au cours de ces errements diurnes, où l’esprit vagabonde pour ne pas avoir à se focaliser sur la douloureuse question “gris marronné ou taupe ?”, qu’une théorie s’est peu à peu formée.
Quelle que soit la saison, quelle que soit l’enseigne et quelle que soit la taille du véhicule, on revient systématiquement de ces endroits de perdition avec un tapis et un cadre (et des bougies évidemment, c’est la dotation standard).
Quand ma chérie déboule en plein milieu d’un inédit de Walker Texas Ranger en mode “Marre de cet appart’ de merde, je veux tout changer dans la life et vivre en Lozère dans une maison de maître dessinée par Philippe Demougeot DPLG”, je sais qu’on risque de revenir avec un tapis et un cadre.
“J’en peux plus de cette cuisine !”
-> Un tapis et un cadre
“Viens on change le meuble de la salle de bains !”
-> Un tapis et un cadre
“Allez viens, on allège l’entrée, chiche”
-> Un tapis et un cadre
Je pense qu’il existe une loi cosmique qui régit les tapis et les cadres dans le monde et que ma copine est un peu un des gardes forestiers de la réserve naturelle dans laquelle ils prospèrent. Dès que l’instance supérieure décide que le tapis Willy et le cadre Smölgr doivent être récoltés, le message est transmis par télépathie et je me retrouve embarqué dans la chasse au tapis et au cadre, même si le prétexte de base était de trouver un blender ou une salière WiFi.
Dimanche dernier n’a pas fait exception à la règle sauf que pour me faire mentir un peu et s’assurer de ma coopération complète, ma douce à décidé que cette fois ça serait un tapis et un cadre ET un écran LED.
Finalement, je crois qu’elle me connait bien aussi <3
And another one(s).
L’habituelle hécatombe de janvier commence, ca fait a peine 4 jours qu’on est en 2011 et deux artistes se sont fait faucher.
Et le pire, c’est que les noms de ces artistes n’ont certainement rien évoqué pour le plus grand nombre et les plus jeunes qui n’ont d’yeux que pour les têtes d’affiche.
Ouais, j’ai 32 ans, j’parle comme un vieux, laissez-moi.
Farewell donc à Pete Postelthwaite, inoubliable maitre Kobayashi dans le Usual Suspects de Bryan Singer, qui s’en est allé comme son jeu: en discrétion.
Et aujourd’hui c’est Gerry Rafferty qui se fait la malle.
Curieusement son départ m’a plus peiné que celui de Michael Jackson, surement parce que Rafferty n’était pas un demi-dieu de son vivant.
Son nom n’évoquera peut-être pas grand chose pour beaucoup, mais pour moi ce sont des souvenirs d’enfance qui remontent à chaque fois que j’entends Baker Street, sorti en 78. Pas de souvenirs précis, juste celui de mon père en train de chantonner en vaquant à ses occupations et cette prod en or 52 carats dans la chaine hifi du salon.
Et comme ça ne coute absolument que dalle, je me suis dit que ça serait pas mal de partager Baker Street avec vous. Enjoyez ce morceau soyeux.
So long, Gerry.







Les moyens sans l’ambition.
Le truc cool quand on a des potes journalistes blogosphériques de presse high-tech, c’est que les marques leur prêtent parfois des trucs cools.
Et vendredi dernier, date du 83e Street Club (47e selon la police), n’a pas fait exception à la règle puisque l’ami Lâm a reçu un HOTAS Warthog, réplica de celui qui équipe le A-10 de nos amis états-uniens.
Ok, j’ai compté 3 évanouissements lors de la phrase précédente alors je détaille un peu: HOTAS, c’est un acronyme barbare (anglais, donc) qui veut dire Hands On Throttle And Stick et qui désigne les commandes présentes dans les avions modernes. Le setup se compose d’un joystick dans la main droite et d’une manette des gaz dans la gauche, ce qui fait que vos deux mains sont constamment dessus, d’où l’acronyme en question. Le A-10, quant à lui est un avion avec un profil de fer à repasser qui a fait des miracles (et des morts) pendant les 2 guerres du golfe.
Le HOTAS, donc, est un périphérique assez élitiste puisqu’utilisable uniquement dans les simus aériennes, genre qui rebute souvent les joueurs non-autistes.
Bon, vu le nombre de boutons, je pense qu’on peut aussi s’en servir dans Excel, mais les pilotes Windows ne sont pas prévus pour.
Tous les amateurs de simu, ceux qui apprennent le mode BVR du radar d’un F-15 ou qui se tapent des algorithmes à la con pour modéliser la portée maximale des détecteurs infrarouges par temps de pluie, ceux-là, bavent tous SANS EXCEPTION devant les HOTAS de Thrustmaster, véritables Rolls du milieu et répliques fidèles des modèles présents dans les vrais avions qui volent et qui tuent pour de vrai.
Malheureusement, le tarif prohibitif (400 EUR)(*tousse*) et l’encombrement en m² des sticks en question (sans parler du poids exprimé en KG) font que ces périphériques restent souvent un rêve humide accessible plus tard, “quand on aura un loft de 350 m² et un bureau dédié situé au-dessus de la buanderie et de la cave à vins, à côté de la pièce cinéma, là” c’est à dire approximativement dans jamais.
Vous comprendrez donc qu’en arrivant au bureau du JDG vendredi soir et en voyant ça…
Et encore, c’est juste le côté gauche (photo par Lâm)
… Je fus pris d’une érection bamboutesque qui aurait crevé le plafond si celui-ci n’était pas une verrière coupante mettant à mal l’éventualité d’une descendance portant mon nom et une moitié de mon ADN.
En fait pour tout dire, je pensais avoir plus de chance de croiser ce genre de trucs directement en volant un vrai A-10 abandonné sur une base aérienne de l’OTAN qu’en mettant la main sur ce modèle Thrustmaster grand luxe en adamantium renforcé.
Parce que bon, en regardant bien, il y’a assez peu d’amateurs de simus aériennes dans mon entourage. Et Lâm confirme bien le désarroi dans lequel se trouve le junior qui souhaite se lancer, puisqu’il s’est posé LA question qui fâche:
Et malheureusement, ami Lâm, c’est bien là qu’est le problème: le PC est le roi des marchés de niche, mais il faut bien avouer qu’en 2011, c’est dur pour un studio de se lancer dans une simu pointue et de trouver un éditeur assez
suicidairepassionné pour allonger le budget derrière.Actuellement quels sont les jeux qui ont encore un budget suffisant pour coexister avec Flight Simulator, ce vil simulateur de chapons, quand le vrai joueur veut du jeu de coq bien couillu ? Ne cherchez pas, il n’y en a aucun.
Les références du jeu de combat sont Lock-On d’Eagle Dynamics sorti en 2003 (!) ou Falcon 4, multi-patché à la truelle par 12 000 communautés différentes suite au leak du code source il y’a… 11 ans. S’y retrouver dans le dédale des patchs à appliquer pour avoir un jeu décent est tellement relou qu’à part la famille des devs, je doute que des gens sains d’esprit se lancent dans l’Aventure (avec un “A” parce qu’elle est vraiment épique).
Donc investir 500 boules dans un stick pour jouer à des jeux sortis au mieux il y’a 5 ans, ça piquotte un peu, c’est comme acheter un Logitech G25 pour jouer à Lotus 2 ou Vroom. C’est rigolo, mais c’est salaud.
Pourtant en 2003, les amateurs simu regardaient vers le ciel avec les yeux embués par les larmes de l’attente fébrile mais l’embellie annoncée a fait long feu.
Eagle Dynamics s’étant vu remercié par Ubisoft quand ces derniers ont constaté qu’une simu russe, dont la qualité du modèle de vol était inversement proportionnelle à l’ergonomie, se vendait moins bien que les Sims.
Y’a bien un stagiaire en marketing qui a dû alerter en constatant que le cockpit de 4 avions sur 6 était intégralement en cyrillique non-traduit et que la notice expliquait seulement comment récupérer le vrai manuel pdf de 5000 pages sur le DVD, mais le mémo est resté en inbox jusqu’au lancement du jeu, apparemment.
Efferalgan, anyone ?
De fait, en 2011, sur PC, on a en gros 1 titre jouable décemment (comprenez qui a été vraiment commercialisé un jour et qui prend en compte votre résolution en 16/10) par catégorie.
Voila, c’est tout, c’est morne comme Arras un soir d’hiver.
Alors en même temps, le type même du jeu fait que le cycle de renouvellement n’est pas le même que pour un jeu “normal” (comprenez “de casual lamer”) et si on a pas peur de se faire crever les yeux par des pixels pointus, on peut passer du bon temps sur Falcon 4. Certes. Mais votre CPU multicore, votre carte graphique avec 2 Go de RAM adressables et votre OS 64 bits seront parfaitement sous-exploités par des jeux qui se lancent sous MS-DOS. Et ça c’est rageant quand on a en plus un HOTAS rutilant sous les mains.
Gaaaaah… *bave*
Monde de merde, tiens.